TEMOIGNAGES

UN DROIT MENACE

LA PLACE AUX PARENTS

Une famille “normale” ?

Bonjour.

Je suis Marina, j’ai 33 ans, mes enfants sont instruits en famille, je suis musulmane, je porte le voile et je ne suis pas une séparatiste !

Et oui, dis comme ça on pourrait en rire, mais en fait c’est triste de devoir prouver qu’on est une famille “normale”. Mais d’ailleurs c’est quoi une famille normale ?

J’ai ma petite idée, pour moi, une famille normale c’est une famille qui s’aime, dont les parents tentent de faire de leur mieux pour le bien être de leurs enfants, qui veulent ce qu’il y a de meilleur pour eux, pour leur épanouissement et leur vie future. Bref une famille qui sont les individus cherchent pour eux même et les autres membres le bonheur et l’accomplissement dans tous ce qu’il englobe.

Le reste ce n’est que de l’assaisonnement ( oui j’adore la cuisine et pas que le couscous 😉 … Oh bah quitte à faire dans le cliché hein 😁 🤭 ).

Et oui car en définitive, pour parvenir au bien être et à l’épanouissement, il y a plusieurs voies, et cela semble pourtant évident quand on observe la diversité humaine. Dans un groupe d’enfants il y a autant d’êtres et de personnalités divers et variés que de besoins différents !

Nous n’avons pas choisi l’instruction en famille par opposition à l’école, mais parce que nous sommes convaincus que c’est ce qui convient le mieux à notre famille et aux besoins de chacun de ses membres.

Comme tous les parents, nous voulons ce qu’il y a de mieux pour nos enfants. Pour ma part j’ai aussi fait le choix, de m’impliquer dans la vie de mes enfants, de partager du temps de qualité avec eux, la transmission est une chose qui m’apporte de la joie.

Nous avions envie que nos enfants aient la possibilité d’apprendre à leur rythme, selon leurs besoins propres, en s’adaptant à leurs capacités et à leurs lacunes. Mais aussi de leur permettre de vivre leur enfance avec enthousiasme en explorant le monde à travers le jeu, dans la nature, en passant des journées entières à lire s’ils le souhaitent. À poser toutes sortes de questions et chercher ensemble les réponses, à explorer la vie avec émerveillement.

Alors tout n’est pas rose, rien n’est parfait, et surtout on ne veut imposer notre choix de vie à personne, mais on ne veut pas non plus que l’on nous impose un mode de vie qui ne nous correspond pas.

Ah et oui j’ai parlé de mon voile alors forcément …. Et bien non je ne suis pas à l’image erronée que certains se font, j’ai ma foi, mes convictions, nous les partageons et les vivons en famille comme n’importe quelle famille le fait, quelles que soient ses valeurs et convictions. Mais nous fréquentons des gens de tous milieux et tous horizons, nous apprenons à nos enfants le respect des différences, et j’espère que plus tard c’est ce même respect qu’ils recevront en retour et non pas un jugement hâtif et enrobé d’ignorance comme j’ai pu moi même le subir !

Je suis une femme libre, heureuse et épanouie, heureuse dans ma vie de famille et consciente dans mes choix. Je ne fais rien d’illégal, rien de mal ni pour les autres ni pour moi même, les motivations qui guident mes choix sont empreintes d’amour et de bienveillance, comme l’immense, si ce n’est la quasi-totalité des familles ayant choisi l’IEF, quelles que soient leurs convictions personnelles.

Alors SVP, cessez de nous traiter comme des criminels !

Il y a bien d’autres maux à traiter ( oui parce que chats à fouetter … Bah c’est violent quand même ! Pauvres chats !)

Je n’ai rencontré que de dignes gardiens de l’enfance de leurs enfants.

Dès la naissance de ma première fille, je me suis questionnée sur école ? Pas école ? Et si école : école alternative, démocratique ou encore, école de la république ? …
Cette ouverture d’esprit nous a permis de faire un parcours singulier à travers les différentes options, et de réaliser que chacune revêt des points forts VS des aspects plus limitants – tel que le coût financier d’une école alternative, par exemple, ou encore la rareté des possibilités en fonction des régions, comme là où nous vivons actuellement, en lisière de forêt de Rambouillet.

Ce qui est certain, c’est que les années d’écoles alternatives que nous avons vécues aussi bien que les années d’instructions en famille (IEF) sont de loin celles qui nous ont le plus impactés, inspirés, et qui ont le mieux permis de faire germer les graines d’une éducation basée sur la présence les uns aux autres, le respect de l’enfant, de l’espace et de la singularité de chacun, la confiance en soi, l’autonomie et la liberté.

Je n’inclus pas dans ces constats l’école publique sur les bancs de laquelle mes filles sont actuellement car le mur qu’elle érige entre son système et les familles est tel que je serai bien incapable d’en décrire les vertus ou autres aspects favorables. Et pourtant, nous parlons là d’une petite école de village, qui compte à peine 80 enfants, et dont la directrice tente, on le sent bien, de favoriser des liens sympathiques entre familles et corps enseignant.

En ce qui concerne les apprentissages purs et durs (ou acquis), je les trouve valables et manifestement égaux dans les trois systèmes : instruction en famille, école alternative et école publique.

Alors, où est le problème ? Pourquoi venir chercher, gratter, déranger ceux qui œuvrent dans leur coin, pour le plus grand bien de leurs enfants et sans déranger qui que ce soit ? Leur envoyer des inspecteurs annuels ne suffisait donc pas ?

Je ne trouve pas de raison valable à cette décision de les priver de la liberté de continuer, moi qui n’ai rencontré que des familles dont l’investissement n’a d’égal que la passion que l’artiste voue à son art!
Je le répète, je n’ai rencontré que de dignes gardiens de l’enfance de leurs enfants.

Et c’est bien un tour de force qu’ils opèrent, en refusant de confier à d’autres ce qu’ils s’évertuent de faire eux-mêmes. Car la plupart de ces parents travaillent, TOUT en s’arrangeant pour libérer le temps nécessaire pour suivre de près les programmes scolaires de leurs enfants TOUT en arrosant les autres germes possibles chez ces mêmes enfants : théâtre, lecture, couture, cuisine, électricité, botanique, cinéma… Peu importe ce qui passionne leurs petits, ces parents suivent leurs différents élans en tâchant ne jamais trop interférer. Ce sont de véritables alchimistes, qui mettent leurs cœurs à l’ouvrage et qui du coup, transmettent à leurs enfants le chemin du cœur vers tous les apprentissages.

Au moment même où nos enfants subissent les violences verbales et parfois physiques des autres enfants dans la cour de récréation (et ce, même au sein de cette même petite école de campagne qui compte à peine 80 enfants) ou maladresses d’instituteurs les yeux trop souvent rivés sur le programme, dans un système de notation, validation, qui éternellement condamne la faute et flatte la réussite, instituteurs souvent bien peu enclins à s’ouvrir aux différentes méthodes brevetées et prouvées qui prennent en compte l’individu dans son entièreté, et non simplement l’élève apprenant… Ces familles de l’IEF se réunissent entre elles et veillent au meilleur traitement possible des enfants entre eux. Ils n’envisagent d’ailleurs jamais d’inviter un enfant sans penser à ses frères et sœurs car il se donnent ce temps, cet espace… de la vraie rencontre, d’humain à humain.

Je les remercie du fond du cœur de m’inspirer autant !

Alors, quand j’entends aujourd’hui que leur liberté est menacée, tristesse et révolte m’accablent. Une partie de moi ne veut pas le croire quand une autre réalise en fait qu’évidemment cela pendait au nez des français puisque TOUT de la politique actuelle va dans le sens de la privation de liberté, de couper nos élans d’être des individus autonomes, et vivants, œuvrant à partir du cœur plutôt qu’à partir de l’idée de rendement, à la manière d’un troupeau qui aurait peur du grand méchant loup.

Alors maintenant quoi ? Comment apporter du soutien à ces familles ? Comment réussir à se sentir citoyenne française quand on se reconnaît si peu dans les actions de ceux qui gouvernent ce pays ? Et surtout, comment continuer de supporter les amalgames grossiers (pour ne pas dire vulgaires) de politiciens qui n’ont de cesse de mettre dans le même panier des faits qui n’ont pas de liens entre eux comme c’est le cas ici-même, en osant mêler à cette histoire celle de la création d’écoles islamiques clandestines à tendance radicales ?!

Non contents de nous interdire de respirer, on veut maintenant contrôler en tous points la manière dont le petit d’homme se développe et s’instruit ? Mais dans quel but sinon celui de contrôler au mieux son peuple ?

J’ai signé les pétitions qui circulaient, ajouté les euros nécessaires pour en accroître la visibilité, rédigé ces quelques mots et maintenant quoi ? Est-ce une simple menace ou le président a-t-il un réel plan derrière la tête ?

Il est à mon sens essentiel de revendiquer notre droit à choisir librement quelle instruction on veut pour son enfant, et même, quelle instruction l’enfant souhaite-t-il pour lui-même. Car, au fond, ne s’agit-il pas avant tout de lui ?

Puissent ces quelques mots venir en aide à ceux qu’on menace aujourd’hui !

Du fond du cœur,
Sixtine Aupetit, maman de trois enfants, scénariste & comédienne

Un mode de vie libre, intense et vrai

Bonsoir,
Vous me connaissez, mais peut-être pas mon histoire… Si aujourd’hui j’ai envie de vous écrire, c’est parce que je suis touchée dans mon être le plus profond. Je suis étouffée… Je suis arrivée en France en 2003, avec un BAC+7 brésilien ; en laissant derrière moi : ma carrière professionnelle et ma famille pour suivre mon intuition et être près de l’élu de mon cœur ! Tout n’a pas était toujours simple ! Les « petits boulots », l’apprentissage du français (TCF réussi en 4 mois- pas mal !). Entrée à la fac, en attendant la validation de mon diplôme… M1, à Lyon ; M2 à la Sorbonne, Doctorat, DU en neuropsychologie… sans jamais perdre l’espoir et remplie de gratitude !


A 29 ans, le désir de devenir mère m’a poussé (nous a poussé) à aller très très loin… à défier mon endométriose très avancée et à continuer à croire ! Poussée par mon médecin, clinique privée en région parisienne ; j’ai entamé le chemin des PMA… Pas trop d’espoir ! L’adoption semblait la seule voie – longue mais sûre… Mais une petite lumière m’a dit de continuer et je suis partie, chez moi, au Brésil, dans une clinique privée, réaliser mon 1er miracle. A 36 ans, je suis devenue maman d’un garçon étonnant ! Depuis ce jour, ma vie s’est organisée pour donner le mieux à lui … Etant malade et ayant des besoins particuliers, il a été refusé des garderies… A ce moment ; on a découvert l’IEF (et Claudia Renau).
Les difficultés ont été oubliées, les violences médicales restées dans le passé… la vie suivait son cours ! Elle avait un nouveau sens !
L’IEF m’a permis de connaitre un mode de vie libre, intense et vrai !

Entre-temps, une petite princesse – douce et légère est née ! Mon deuxième miracle. Elle a été, naturellement, intégrée dans notre univers sans école ! Avec un grand frère qui la stimulait… Bonheur complet ! Pas toujours simple, mais tellement vrai.
Depuis le 2 octobre, avec l’annonce du président de la république et son souhait d’empêcher le droit constitutionnel, à l’instruction en famille, je me sens étouffée ! Je ne me suis jamais sentie coupée de ma liberté comme maintenant… Je ne me suis jamais sentie si fragile et si agressée !

J’ai peur ! J’ai peur de cette politique de la peur et de la manipulation. J’ai une vie en France, et je pense même à la laisser juste pour ne pas m’étouffer et pour continuer à élever mes enfants dans la liberté et l’espoir !
Je ne baisse pas les bras, j’ouvre juste mon cœur pour continuer à croire !

Claudia 45 (maman de M10 et Nina 7, en couple depuis 18 ans, avec T45)

Ils témoignent pour le maintien de la liberté d’instruction

Je souhaite partager mon expérience

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